Edito
« Prévenir pour bien vieillir : une réponse au défi démographique »
Le grand défi démographique qui nous attend n’est pas une vague que nous devons subir, mais une marée que nous pouvons apprendre à naviguer. Et notre boussole pour y faire face, à tous les âges de la vie, porte un nom : la prévention. Nous sommes désormais à un point de bascule et nous avons l’opportunité historique de transformer notre approche du vieillissement, en passant d’une médecine qui répare tardivement à une médecine qui prépare tout au long de la vie.
Le premier pilier de cette transformation est un changement de philosophie. Bien vieillir, ce n’est pas une course de fond que l’on commence à 60 ans. C’est un capital santé que l’on construit dès le plus jeune âge. Chaque étape de notre vie, nos habitudes, notre environnement – la qualité de l’air que nous respirons, les aliments dont nous nous nourrissons, notre accès à la nature, nos interactions sociales, … – tout cela forge nos réserves physiques, psychologiques et cognitives.
Prévenir, c’est donc agir sur tous ces fronts. C’est promouvoir l’activité physique, une alimentation saine, c’est adapter l’habitat, c’est maintenir des liens sociaux forts. Mais c’est aussi, et surtout, suivre et anticiper l’apparition des maladies chroniques qui sont les véritables accélérateurs du déclin. Pendant longtemps, cette vision d’une prévention globale et précoce relevait de l’idéal. Une ambition louable, mais difficile à appliquer à l’échelle de 68 millions de citoyens. La question est donc : comment passer de l’intention à l’action ? Comment faire de cette philosophie une réalité tangible pour tous ?
Aujourd’hui, la volonté politique est là et nous disposons des outils pour y parvenir, en particulier des technologies numériques aux premiers rangs desquelles l’intelligence artificielle, mais aussi toute une gamme d’innovations dans des domaines aussi variés que l’alimentation, les dispositifs connectés, l’habitat, le travail, … sans oublier l’organisation de la prévention et du dépistage.
Jacques Marceau, président d’Aromates et expert santé à la Fondation Concorde
